Johann Joshef Tröstler est originaire de Mannheim, petit port fluvial sur le Rhin, dans le grand Duché de Bade, en Allemagne. Né en 1759, il est le fils de Henry Tröstler et de Magdeleine Seitten. Très tôt il choisit la carrière des armes pour débuter dans la vie. Jean-Joseph Trestler s'est engagé en 1777 dans les troupes du lieutenant-colonel et comte Von Creuzbourg impliquées dans la guerre d'Indépendance américaine aux côtés de l'armée britannique. À l'automne 1783, à la suite de sa démobilisation du Corps libre de chasseurs du Hesse-Hanau, compagnie du major Von Francken, Trestler débute sa carrière commerciale. À titre de marchand ambulant demeurant à Montréal, il va parcourir les chemins des seigneuries de Vaudreuil et Rigaud pour vendre les multiples articles indispensables à la vie courante... Les affaires vont si bien qu'il achète en 1786 une maison en bois au-dessus du rapide Quinchien à quelque distance de l'église paroissiale. Dans cette habitation de pièces sur pièces de 9 mètres sur 9, il tiendra magasin-général. Les Amérindiens et voyageurs dans le commerce des fourrures s'y arrêtent pour troquer pelleteries contre marchandises sèches, boissons et autres denrées. Il ne le garde pas longtemps ce bâtiment modeste puisque l'augmentation de son commerce l'amène à entreprendre en 1798 la première phase de construction de cette grande maison de pierre qui a survécu jusqu'à notre époque.
Le site qu'il avait choisi pour établir son "royaume" était très judicieux; cette pointe de terre située à la rencontre du lac des Deux-Montagnes et de la rivière des Outaouais lui permettait d'établir un magasin relié entre autre au commerce de la fourrure et des étoffes, de même qu'à la fabrication de la potasse. Il avait baptisé ce secteur Mannheim en souvenir de sa ville natale. La résidence-magasin qu'il habite sera construite en trois périodes: 1798 pour le corps central, 1805 pour la partie ouest et 1806 pour celle à l'est (vers le bord de l'eau) donnant des dimensions au sol de 130 pieds sur 40. Son architecture s'inspire de la tradition française avec des murs de peu d'élévation surmontés d'un toit imposant percé de nombreuses cheminées. La partie centrale est sans contredit la plus intéressante car elle renferme la voûte du magasin où Trestler traitait ses affaires et prêtait sur gages. À son décès, les héritiers la fréquentèrent surtout l'été dont sir Antoine-Aimé Dorion, époux d'Iphigénie Trestler et qui a donné son nom à la nouvelle municipalité incorporée en 1891. Grâce aux efforts de Louis et Judith Dubuc, la maison Trestler fut restaurée et classée monument historique. Depuis, la Fondation de la Maison Trestler administre l'édifice à vocation culturelle.
La voûte est une des pièces très fascinante de la maison section 1805. Celle-ci construite sous l'allure d'un véritable coffre-fort abritait le grand magasin de M.Trestler. Rien n'était mis à l'écart pour la protection des biens qui s'y trouvaient: mur de 6 pieds d'épaisseur qui sépare des autres pièces de la maison et grands volets de fer à l'extérieur pour protéger des intrusions par les fenêtres. On y retrouve également un grand coffre-fort qui accueillait la fortune de Jean-Joseph Trestler. Il est également important de mentionner que lors de l'achat de la maison en 1927 par Gustave H. Rainville il aménagea la pièce pour en faire sa salle à dîner. Cette photo démontre bien le charme de la pièce à cette époque.

Si on se plaît à rêver dans cette chambre au mur de pierre c'est qu'on la dit hantée par le spectre de Catherine. Fille de Jean-Joseph elle fut déshéritée pour n'avoir pas voulu se plier aux espoirs de mariage que son père plaçait en elle. S'étant mariée au commis Joseph Éléazar Hays en 1809, elle entrepend de poursuivre son père en justice parce qu'il l'a dépouillée de l'héritage de sa mère. Elle gagnera sa cause mais après trois ans de poursuites. Cette chambre était aussi celle de Madeleine (sa soeur).

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